J'ai les souvenirs durant mon enfance de ces vacances en totale liberté que je passais hors de la surveillance familiale, dans une bourgade lomagnole où nous nous retrouvions, une ribambelle de garnements à troubler la quiétude estivale des anciens. Lorsque la limite de la décence était atteinte, un adulte venait nous rappeler à l'ordre et le garde champêtre n'avaient nul besoin d'interrompre sa sieste ni les pandores leurs interminables parties de manille. La société semblait avoir alors une formidable capacité à s'auto-réguler. Plus tard dans nos parcours de militants, combien furent utiles les conseils de nos vieux compagnons pour nous éviter de tomber dans les pièges tendus ou d'autres moins conscients se sont enlisés.

Dans mes activités professionnelles et parfois pour des raisons plus personnelles, j'ai été amené à assister à des procès en correctionnelle, d'y voir comparaître d'éternels récidivistes pour la même infraction et des juges incapables de réaliser que la sanction qu'ils prononceraient ne servirait à rien tant qu'il n'aurait pas convaincu de son sens. Victor Hugo, ou peut-être un autre a dit « ouvrir une école c'est fermer une prison », quoiqu'il en soit l'éducation sera toujours plus efficace que la répression.

Mais pour connaître ce temps-là, il faudra avoir changé de monde. Si nous restons vivants et cultivons notre intelligence, ce sera peut-être pour demain...


Riton 28 03 20