Au cours de ces années, les services minimaux des résidences, en plus d'être insuffisants, n'ont pas pu satisfaire les besoins des personnes âgées, principalement parce que les services minimaux avaient été sanctionnés par les coupures programmées pour soutenir les bénéfices et la rentabilité des entreprises gestionnaires, dans un moment où on assiste à un vieillissement de la population. On estime qu'environ 75% des personnes de plus de 65 ans souffrent de maladies chroniques et 20% de maladies mentales.

Cette situation d'abandon n'est pas différente du reste de l’Etat. Le système capitaliste et son idéologie individualiste ont non seulement renforcé l'appareil d'État mais ont généré une déstructuration de la société, en particulier dans le secteur de la santé et des soins, de la solidarité et du soutien mutuel. Une déstructuration sociale qui a engendré, d'une part, un isolement social, et d'autre part, le renforcement du modèle économique de la gestion privée des soins des maisons de retraite.

Au 26 mars, sur les 4366 personnes décédées en Espagne, 1 517 provenaient de résidences de personnes âgées, avec un pourcentage total d'au moins 37% des personnes décédées dans toute l'Espagne. Dans la seule communauté de Madrid, au moins 1 065 personnes sont décédées de ce type de résidence.

Le vieillissement de la population a développé dans notre pays un secteur économique qui voit augmenter ses bénéfices visant à exploiter le négoce des vétérans de la classe ouvrière. L'activité de ces centres est extrêmement rentable. Au cours de l'année 2020, il était prévu que ces groupes d'entreprises voient leurs bénéfices augmenter de 20%. Le capitalisme international non seulement ne répugne pas à ce genre d'entreprise, mais en plus il a réussi à trouver la formule pour exploiter les travailleurs le plus longtemps possible, en continuant de les exploiter une fois qu’ils ne sont plus suffisamment productifs et directement rentables.

L’infâme commerce de la santé est encore plus répugnant lorsque la classe ouvrière se voit obligée d'utiliser ce type de services. L'application des critères capitalistes à la santé n'a rien de nouveau. Lorsque le profit est ce qui compte, il est toujours directement proportionnel aux économies réalisées sur les installations, les soins, le personnel et l'équipement.
Même si ils sont mécontents de cette situation, les personnes âgées n'ont qu'une seule garantie pour préserver autant que faire se peut la qualité de leur situation : les travailleurs du secteur de la santé. Cependant, ces travailleurs voient de plus en plus leurs droits bafoués, convention après convention, sans générer aucune améliorations considérables

Le protocole d'admission en USI (Unité de Soin Intensif) est un exemple de l’application de critères capitalistes  énormément mis en œuvre dans les hôpitaux. Le protocole d’intervention, - encore appelé « triage » -, consistant à sélectionner et classer les patients, est utilisé par la médecine d'urgence et de catastrophe. Ce protocole n'aspire pas à satisfaire les besoins de santé de la population, mais à sauver les centres de santé d’une une possible crise. Ces protocoles n'ont de sens que dans une situation de ressources limitées du système de santé actuel. Les critères utilisés par les protocoles de médecine d'urgence ou de catastrophe ne fonctionnent plus avec la maxime de sauver le plus grand nombre de vies, mais avec le critère selon lequel certaines vies sont plus importantes que d'autres.

Ces procédures de sélection et de classification pourraient être qualifiées de triage de guerre, lequel répond principalement au sauvetage du plus grand nombre de troupes utilisables, selon le concept de qualité de vie des patients.

 En tant que personnel de santé membre du Syndicat interco d'Albacete de la CNT-AIT, nous dénonçons ces protocoles - qui pourraient être définis comme des protocoles d'eugénisme social - dirigés contre la population la plus vulnérable. Encore plus parce que si ces protocoles doivent être utilisés, c’est parce que le soutien sanitaire dont dépend la population, a été détruit et qu’il est incapable de supporter la charge de travail actuelle. Par ailleurs, nous disons clairement que c’est l’ensemble des partis politiques qui sont responsables de cette destruction de l’infrastructure sanitaire et il est plus que nécessaire que les responsabilités soient recherchées dans chacun d'eux.

 L'un des cas les plus aberrants est celui qui a réuni le ministère de la Santé de la Generalité de Catalogne et le Sistema d'Emergències Mèdiques (SEM) (Système d’Urgences Médicales de Catalogne),, lesquels ont  recommandé aux professionnels de la santé de que les unités de soins intensifs (USI) n’accueillent pas les patients de plus de 80 ans dans le contexte de la pandémie de coronavirus. Cette recommandation politique et sanitaire ne peut être autre que celle issue de ce type de protocoles infâmes.

 
Depuis le Syndicat interco d'Albacete de la CNT-AIT, nous dénonçons le commerce de la santé et les multinationales de gériatrie, et nous nous battrons pour que notre santé ne soit pas un négoce entre les mains des entreprises, qu’elles soient des Mutuelles, des entreprises privées ou d’Etat. Nous n'allons pas leur permettre d'amasser leur fortune avec notre sang.
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LICENCIEE DE L'EPHAD POUR AVOIR REFUSEE ... DE VOTER AUX ELECTIONS PROFESSIONNELLES !!!
Nos compagnons de la CNT-AIT de Tolède nous informent d'un conflit avec l'EHPAD "Notre-Dame de la Nativité" dans la ville de Guadamur.

Le 19 février, notre collègue, infirmière et affiliée du syndicat CNT-AIT à Tolède, a été licenciée de la résidence Nuestra Señora de la Natividad, pour avoir informé l'entreprise qu'elle n'était pas prête à subir de nouvelles menaces et contraintes à participer aux élections syndicales qui devaient avoir lieu dans l'entreprise.

Le patron avait déjà choisi son représentant, un travailleurs vendu à la direction, et tout le monde était contraint de voter pour lui sous menace de licenciement. La compagne a refusé de jouer cette mascarade infâme, d'autant plus que par essence les anarchosyndicalistes ne participent pas aux élections professionnelles. Cela a donc entraîné son licenciement par la direction de l'entreprise.

cet acte odieux, en pleine crise du Coronavirus, est une menace pour notre collègue et pour la classe ouvrière, violant les droits fondamentaux et la liberté d'association.

Ici c'est notre campagne qui est licenciée pour avoir refusé de collaborer. Dans le Nord de la France, c'est une élus syndicale de SUD qui s'est cru protégée par son statut syndical mais qui a été mise à pied pour avoir dit tout haut des vérités que la direction ne voulait pas entendre.On le voit, en Espagne comme en France, les patrons veulent des travailleurs dociles et à leur botte, et les élections professionnelles servent juste à donner l'illusion de la démocratie.

Seule la construction d'un rapport de force, basé sur l'autoorganisation des travailleurs en dehors de tout schéma institutionnel, permettra de gagner l'autonomie, préalable nécessaire à nos victoires contre l'exploitation.