Il avait créé une petite édition/distribution de livres, dont les exemplaires étaient reliés par lui-même et vendus au prix coûtant, "sans aucun bénéfice". Il distribuait ses livres sur la Plaza del Pumarejo, d'abord, puis à côté du Parlement. "C'était un fait familier de le voir chaque samedi matin avec sa table pleine de livres pendant que d’autres avec leurs poussettes pour les courses s'arrêtaient et regardaient avec curiosité. Vous le trouviez toujours heureux et prêt à discuter avec n'importe qui." Il avait également un blog, Black on Black.

La cas de Rafa est hélas représentatif de la dramatique situation sanitaire actuelle, du fait de l’effondrement du système de santé : après des appels infructeux le 12 mars aux services des urgences, il réussit à parler à un interlocuteur qui minimisa son cas. Devant son insistance, il reçu des soins à domicile avec injonction de rester à la maison. En Espagne comme en France, le nombre de lits est insuffisants ... Pourtant il était potentiellement à risque du fait de son asthme chronique. Deux jours après, son état devenant critique c’est son père qui l‘emmène lui-même à l’hôpital où malgré le dévouement du personnel il est décédé le 22 mars. L’hôpital n’a pas jugé utile de tester le père … faute de tests.

Dimanche, le jour de sa mort, ses compagnons lui ont adressé un dernier adieu, chantant l'hymne anarchiste de la CNT-AIT, « A las barricadas » (Aux barricades), depuis les balcons et les fenêtres de leurs maisons. Ils ne pouvaient pas l'accompagner au cimetière pour cause de quarantaine sanitaire.
Rafa nous continuons le combat pour une monde meilleurs que tu portais dans ton cœur.

Que la terre te soit légère, compagnons.

Les compagnons de la CNT-AIT en France