Nous savons tous que leurs lois servent à réprimer les humbles, les exclus, à protéger les puissants, mais ils ignorent leurs propres lois quand il y va de leur intérêt. Depuis qu'Antoine est en prison en Espagne, il n'existe plus officiellement dans la loi d'emprisonnement à perpétuité, mais en fait cette peine inhumaine lui est appliquée secrètement. Nous, ses compagnons libertaires, voulons qu’il sorte maintenant, une fois pour toutes, et que pour les quelques années de vie qui lui  restent ils puisse aller où il le voudra: se promener dans les bois, se mouiller à la mer, dîner avec ses amis, en liberté. Ces sensations simples et des moments fugaces dont vous ne connaissez pas la saveur quand vous en disposez à votre guise, mais qui sont– quand votre liberté vous a été volée et que tout au long de votre vie, vous n’avez vu que du ciment, des barres et des geôliers psychopathes - votre plus grand désir. Est-ce trop demander pour notre compagnon, après plus de 40 ans de prison, qu’il puisse se sentir libre?

Antoine n'a jamais commis de crime de sang. Pourtant le système libère toujours au bout d’un certain temps des meurtriers d'enfants, des prédateurs sexuels, des curés pédophiles ou des militaires assassins. Alors pourquoi cet acharnement sur Antoine ? La raison de ce traitement cruel et humiliant, de ces abus et violences continuels depuis 40 ans, ne s’explique que par l’esprit de rébellion innée d’Antoine qui – même emprisonné – ne s’est jamais plié devant ses geôliers tortionnaires. Cela le Système ne peut pas l’accepter, car il est conçu pour annihiler les individus et leur enlever la chose la plus précieuse de l'être humain: leur désir de liberté.

Au fil des ans, nous avons vu comment les tortionnaires d’État qui - quand ils tuent - ne sont jamais accusés de crime mais simplement d’une erreur policière, avant d’être pardonnés. Ils se protègent toujours entre eux. Parfois, lorsque nous crions «État fasciste» ou «Etat Assassin», ce ne sont pas de simples mots vides de sens. Le Système est constitué « d'êtres » - que dans ce cas nous ne pouvons pas appeler humains - qui forment un cadre dans lequel chacun joue son rôle.

Nous commençons avec le policier lobotomisé, qui répond à la voix de son maître, frappe toujours le faible et s'agenouille devant le puissant.

Nous suivons les agents pénitentiaires, qui sont sadiques ; des psychopathes vêtus d'un uniforme. Ils profitent de l'impunité totale que leur donne le Système et de la couverture des autres abrutis comme eux pour battre le prisonnier, le torturer psychologiquement et, surtout, l'humilier dans toutes ses variantes: mentales, émotionnelles et physiques. Le prisonnier, lorsqu'il tombe entre leurs mains, encourt deux peines simultanées: celle prononcée par le juge et celle qu'il subit de ces geôliers.

Il convient de rappeler qu’à la fin de la guerre civile (en 1939), des milliers de soldats nationalistes qui avaient rejoint les fascistes [franquistes] ont été placés comme gardiens dans les prisons dans toute l’Espagne et que leur travail n’était pas de rééduquer, « conformément aux règles », mais d’exterminer ceux qui avaient eu le malheur de subir la défaite [les Républicains et les Anarchistes]. Depuis lors, ce comportement a été transmis de génération en génération : humiliez le prisonnier et annihilez-le, bien que de manière plus sibylline qu’auparavant.

Les syndicats fascistes et corporatifs des matons se plaignent toujours: "Ce sont les prisonniers qui nous attaquent", "Nous voulons être payés pour nos heures supplémentaires", "Nous voulons plus de personnel" ...

Mais cela ne vous suffit pas d’être des psychopathes meurtriers et de jouir du massacre des prisonniers ? Pourquoi voulez-vous des améliorations si déjà l'extermination du détenu vous procure un immense plaisir?

Ensuite, arrive le soi-disant pouvoir judiciaire, qui sont des rats de bibliothèque. Il ont fait dix ans d’étude et un concours public, mais ils ont un poil dans la main et ils ne savent pas ce qu’est la sueur ni la souffrance des autres. Pa contre ils se mettent à dicter des condamnations où, curieusement ce sont les faibles, pas les puissants, qui se font toujours massacrer.

Enfin pour terminer, il y a la caste politique, celle qui approuve les budgets pour faire des dizaines de prisons, qui sont  montés sur les épaules de ceux d'en haut pour mieux les écraser. Ce sont eux qui remplissent leurs poches en volant à pleines mains et qui s’assurent que, quand on parviennent exceptionnellement à prendre un de leur comparse la main dans le sac, à lui assurer des conditions confortables dans le quartier VIP de la prison. On peut citer les cas des Lledoners, Soto del Real ou Ávila, ou encore de Urdangarín [en France on a Balkany …]. Pour eux qui appartiennent à la caste, les tortionnaires se mettent à genoux et peuvent même aller chercher le savon. Les puissants reçoivent les visites qu’ils veulent, font venir de la nourriture du restaurant, ils ont un module isolé du d'autres et des conditions qui ne ressemblent en rien à celles dont nos compagnons souffrent. Nous avons également l'exemple des gendarmes de la Guardia Civil qui ont assassiné des jeunes (Caso Alméria) et qui ont reçu une grande indemnité des fonds réservés de l'État et ont ensuite purgé la majeure partie de leur peine chez eux, en famille.

Antoine ne devrait pas passer une journée de plus derrière les barreaux. Nous devons également prendre soin des nôtres. La campagne de solidarité doit atteindre tous les coins de l'Espagne et de France, et éclabousser le reste de l'Europe. Nous disons toujours que notre meilleure arme est la solidarité, et c’est ce que nous allons faire. Que se multiplient les bannières, les affiches, les graffitis et que le cri « Liberté pour Antoine ! » résonne partout. Nous devons faire de son cas une telle difficulté pour les gouvernements espagnol et français, pour qu’ils finissent par choisir de le libérer. Parce qu'il n'a pas seulement déjà purgé la peine qui lui a été infligée, il l’a déjà purgé plus de dix fois.

POUR ANTOINE NIETO GALINDO, PRISONNIER ANARCHISTE, SEQUESTRE PAR L’ÉTAT TORTIONNAIRE : «LIBERTÉ!»