Cette fin de semaine sera marqué par un grève nationale avec la participation des communautés indiennes qui sont venues en masse à Quito, la capitale.

Le gouvernement a déclaré la semaine dernière l'état d'exception, ce qui implique la suspension de la liberté d'organisation et de réunion, un couvre feu entre 18h et 5h d matin, et la liberté donnée aux forces de l'ordre à l'armée de tirer sur les manifestants.

Depuis le début de cette semaine, de nombreux affrontements ont opposés grévistes, manifestants aux forces de l'ordre. Plus de 500 personnes ont été arrêtés, il y aurait eu des morts par balle. 3 jeunes - qui essayaient pourtant de s'extraire des affrontements, ont été balancés par la police par dessus un point autoroutier à plus de 10 mètres et en sont morts.

Le gouvernement s'est enfuit à Guayaquil, capitale économique du pays, et s'y est retranché. La conférence épiscopale (l'église joue encore un rôle important dans le pays, notamment avec les communautés indiennes) et l'ONU ont proposé une missions de conciliation. L'assemblée nationale, brièvement occupée par les manifestants avant que l'armée ne la reprenne, est vraisemblablement suspendue.

L'opposition Correistes (du nom de leur leader Correa, grand ami de Mélenchon, qui est actuellement planqué en Belgique pour échapper aux poursuites suite au scandale de corruption Oldbrecht) essaie d'orienter le mécontentement populaire vers la voie électorale en réclament de nouvelles élections présidentielles. Ils essayent ainsi de rejouer les destitutions des 3 précédents présidents équatoriens qui n'avaient pu finir leur mandat sous la pression des manifestations populaires. Cependant les Corresites ne sont discrédités par les scandales de corruption à répétition dans lesquels ils ont trempés. De plus leur politique de muselage des secteurs populaires quand ils étaient au pouvoir, et notamment leur politique de "vampirisation" de la puissante Confédération indienne CONAIE (ils ont essayé de la vider de ses forces au profit d'organisations qu'ils contrôlaient), fait que cette dernière est puissamment anti corresiste. La CONAIE a annoncé qu'elle rejetait les tentatives putschistes des Correistes, tout en appelant à marcher sur Quito.

Les jours qui viennent risquent d'être particulièrement violent.

Ci dessous un poème écrit par un compagnon de Quito.

============

A las barricadas de Quito (Auteur : Norvernalia)


Nunca e vivido tanto en mi lenta agonía,
el fuego que estalla en mi pecho me incinera,
lucha de los pueblos, momento de redención,
la, la, le, le, hoy le canto a la revolución del pueblo.

Blancas tormentas no nos detienen,
el gas disparado ahorca menos que el patrón,
la lacrimógena duele menos que la injusticia,
nubes oscuras no van a impedir la victoria popular.

Aunque la parca Estado reclame su cuota de sangre,
no nos detiene, puños levantamos cansados,
pueblo esclavo ¡luchad!, uníos por la causa humana,
a las barricadas de Quito me llama el deber.

Alza la bandera de la humanidad explotada,
roja es la sangre, negra la solidaridad universal,
lucha hermano por la causa de la justicia,
lucha hermana por la causa de la vida digna.

¡A las barricadas! ¡A las barricadas!,
¡Quito no claudica!, ¡Quito no claudica!,
¡A las barricadas populares! ¡A las barricadas populares!,
¡Pueblo pobre no claudia! ¡Pueblo oprimido no claudica!
¡A las barricadas de Quito! ¡A las barricadas de Quito!