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La perspective berbériste est-elle une composante importante du mouvement, suffisante en tout cas pour l’influencer ?

L’expression «perspective berbériste» est impropre, elle suggère une crispation ethniciste qui est le fait d’une infime minorité. Les Kabyles sont berbères et entendent le rester. Ils veulent dire par là qu’ils ont une langue et une culture qu’ils souhaitent conserver et garder vivantes. Et c’est bien leur droit. Comment, et avec quelle ouverture d’esprit sur l’universel, c’est une autre affaire.

Le mouvement actuel doit beaucoup au Printemps berbère de 1980, et aux luttes menées par le mouvement culturel berbère dans les vingt années qui ont suivi [1]. Ces luttes allaient déjà bien au-delà de la «revendication identitaire», ou plutôt : poser cette «revendication identitaire», c’était, dans le contexte du mode de domination de l’État algérien, s’opposer à la réécriture falsificatrice de l’histoire, et combattre ouvertement pour la liberté d’expression et la démocratie. C’était aussi critiquer l’idéologie arabo-islamiste au nom de laquelle tous les Algériens sont opprimés depuis l’indépendance.

Le mouvement culturel a également joué un grand rôle dans la réactivation de la tajmat ; la répression, autant que la volonté d’agir où c’était possible, poussèrent alors nombre de jeunes à s’intéresser et à participer directement aux affaires de leurs villages. Cette donnée explique la rapidité avec laquelle les comités de villages sont intervenus dans le présent conflit, mais aussi le choix d’une organisation horizontale, cette génération a fait l’expérience des manœuvres et de la récupération, elle n’a pas oublié les luttes acharnées que se livrèrent les cadres du mouvement culturel berbère et les tentatives des partis politiques pour en prendre le contrôle.

Ce sont désormais tous les fondements du système qui sont remis en cause, la revendication identitaire n’est que l’une parmi d’autres des exigences des aarchs, qui apportent ainsi un démenti cinglant à tous ceux qui ont affirmé pendant des années que seule cette revendication pouvait mobiliser durablement les Kabyles. En outre, le mouvement social en Kabylie combat aujourd’hui pour tous les Algériens, tous ses actes, toutes ses déclarations et tous ses écrits le prouvent.

Un des rares textes honnêtes publiés en France sur les aarchs précisait bien :

«Quant à l’autonomie, elle n’est à l’ordre du jour que pour un petit noyau regroupé autour du chanteur Ferhat Mehenni, le Mouvement pour l’Autonomie de la Kabylie (M.A.K.). Elle ne l’est pas pour le mouvement des assemblées qui craint que le pouvoir ne morcelle les revendications et les vide de leur contenu, même au prix de grandes concessions linguistiques, voire en “kabylisant” complètement l’administration régionale, pour ne rien changer sur le fond.
    Qui plus est, il ne pourrait y avoir d’autonomie de la Kabylie sans celle des autres régions, ce qui suppose à la fois une revendication conjointe, une réforme constitutionnelle (par qui ?), et que soit posé le problème de la répartition des richesses, la Kabylie étant une des régions les plus pauvres d’Algérie. L’autonomie et le fédéralisme peuvent avoir des significations très différentes, elles ne tirent leur contenu, comme mode d’organisation, que du progrès social global [2]».


En 1937, Franz Borkenau écrivait : «En Espagne, la vie n’est pas encore efficace, c’est-à-dire pas encore mécanisée ; pour l’Espagnol, la beauté est plus importante que la réussite ; l’amour et l’amitié plus importants que le travail» (Spanish Cockpit, éd. Ivrea). Je n’entends pas poser au travers de cette citation une analogie de type révolution espagnole égale insurrection kabyle (la comparaison serait toutefois intéressante à approfondir), mais rappeler qu’alors une communauté n’avait pas abandonné ses valeurs — bonnes ou mauvaises, là n’est pas la question — au profit de celles de la société moderne industrielle. Autrement dit, les bases arrières, matérielles et culturelles, permettant une réappropriation rapide de l’existence et une rupture radicale avec le système — une révolution — existaient. Peut-on dire la même chose de la situation en Kabylie ?

C’est de toute l’Algérie qu’il faut parler. Les «bases arrières matérielles», déjà bien entamées par le colonialisme, ont été complètement détruites par quarante années de politique du «tout énergie», d’industrialisation forcenée et de saccage de l’agriculture. Il n’y a nul besoin d’être économiste pour mesurer l’état de délabrement du pays, il suffit d’écouter les griefs des émeutiers : partout c’est à cause de la clochardisation, du manque d’eau potable et de logements que les mairies et les édifices publics sont saccagés et brûlés ; là, la population se soulève après la mort de sept nourrissons victimes d’un vaccin frelaté ; ailleurs parce qu’une usine de concassage rend l’air irrespirable. On n’en finirait pas de la litanie des maux que les Algériens ont à subir. Même les prétendues «catastrophes naturelles» ne leur auront pas été épargnées, comme les inondations du 10 novembre 2001 qui firent mille morts, victimes non de la pluie, mais de l’incurie de l’État et de la lèpre urbanistique. Pas plus qu’ici n’existent des conditions permettant une réappropriation rapide de l’existence ; tout est à refaire sur de nouvelles bases, avec cette circonstance aggravante que l’Algérie dépend entièrement de l’exportation des hydrocarbures.

Quant aux «bases arrières culturelles», je ne peux répondre avec certitude (c’est l’occasion de préciser que je ne suis jamais allé en Algérie). Il semble cependant que l’artillerie lourde des technologies modernes de décervelage n’a pas pénétré au point de gangrener les consciences et d’altérer profondément les modes de vie. Les valeurs traditionnelles communautaires restent très vivantes, notamment, pour le meilleur et pour le pire, à travers la persistance de liens familiaux très forts.
Il est certain, en revanche, que tous les Algériens ont en commun une conscience aiguë de l’inhumanité de leurs conditions d’existence, une absence totale d’illusions sur le sort qu’on leur réserve, et la volonté d’une rupture radicale avec le système. Cela est vrai tout particulièrement de la jeunesse émeutière, qui force l’admiration par son courage et sa générosité.
Si en France la question n’intéresse qu’un nombre infime de personnes, il existe une importante immigration kabyle d’une part, et de l’autre, tu fais toi-même partie de la minorité française qui suit de près les événements. Est-il possible de relater ce qui se passe ici ?
Contrairement à une idée très répandue, et à l’image qu’elle voudrait parfois donner, l’immigration kabyle est loin d’être homogène. Certains, hélas nombreux, ne s’intéressent pas vraiment à ce qui se passe en Kabylie, ils ont «fait leur trou» ici, ou cherchent à le faire, et s’en tiennent à une sincère compassion pour ceux qui sont restés là-bas. À l’autre extrême, ils sont également nombreux à se débattre dans d’inextricables problèmes de survie, sans papiers ou sans logement, sans travail ou surexploités, parfois par des compatriotes. Ceux-là sont évidemment les plus lucides sur la société française, et souvent les plus virulents contre le berbérisme comme masque idéologique des rapports de classe entre Kabyles. D’autres encore, très instruits de l’histoire de leur pays et ayant gardé de solides attaches avec le bled, ont tout de suite saisi l’importance du mouvement et approuvé l’émergence des aarchs. Ils sont restés jusqu’ici à l’écart, par refus de servir de piétaille aux manœuvres d’appareils — ils connaissent la musique — de l’immigration organisée.
Cette immigration organisée est au premier abord très opaque pour un Français : les rumeurs y vont bon train, les accusations réciproques de récupération et de gestion d’un fond de commerce — probablement fondées le plus souvent — y sont monnaie courante, sans compter que beaucoup de choses importantes se disent en kabyle. Pour ne rien arranger, elle est éclatée en une multitude d’associations (culturelles, corporatives, etc.) dont certaines ont l’air d’être moins préoccupées d’un débat franc et ouvert que par les luttes internes pour la prise de contrôle de l’immigration.

Pour autant, il serait très injuste d’accuser ces associations d’avoir failli à leur devoir de solidarité. Elles ont très vite envoyé de l’argent et des médicaments (entre autres, par l’intermédiaire des relais en France des comités de villages), recueilli des blessés et mis en œuvre tous leurs moyens pour tenter d’apporter l’aide nécessaire. Elles n’ont pas non plus ménagé leurs efforts pour faire connaître la répression qui frappait la Kabylie.

En revanche, l’immigration organisée ne s’est pas donné comme tâche urgente de diffuser massivement les positions et les textes des aarchs (je suis sûr que moins d’un Kabyle sur dix habitant la région parisienne a lu le Code d’honneur des délégués), ni de décrire et de soutenir les avancées de la subversion en Algérie. De la part des «élites» intellectuelles et des bureaucrates des partis politiques, c’était évidemment par calcul (pour la plupart, ils ont néanmoins été finalement contraints de se déclarer, en public, partisans des aarchs). Pour l’immense majorité des militants de base, c’est tout simplement parce qu’ils sont en retard sur l’évolution de la société kabyle. Ce retard a de multiples causes, mais il s’explique en partie par la très forte intégration de l’immigration kabyle à la société française [3] : elle est de ce fait soumise plus que d’autres aux contradictions de toute immigration, l’assimilation et l’intériorisation des valeurs dominantes du pays d’accueil produisant, par un réflexe idéaliste d’auto­défense, une exaltation anhistorique des valeurs du pays d’origine et la nostalgie d’une communauté mythique qu’il faudrait rétablir dans toute sa pureté. Il n’est donc pas étonnant que le M.A.K. de Ferhat Mehenni [4] ait ici une influence complètement disproportionnée à celle qu’il a en Kabylie.

L’immigration très récente (celle qui a émigré dans la dernière année), et les voyageurs qui sont restés assez longtemps en Kabylie pour participer directement au mouvement, sont dans un état d’esprit tout différent. Ils sont en majorité sur des positions plus avancées, qu’il s’agisse des perspectives, de la défense du mode d’organisation des aarchs, et même de la nécessité de s’adresser à l’immigration algérienne non kabyle. Il n’est donc pas impossible que l’on assiste à une clarification dans les mois qui viennent.

Où en sont les aarchs ? Quelles échéances se donnent-ils, dans quelles perspectives ?

Les aarchs travaillent, ils ont beaucoup à faire. Vu de loin, on a souvent tendance à juger un tel mouvement sur ses temps forts, et ses succès ou ses échecs dans les épreuves de force majeures. Or son destin se joue aussi sur ses capacités à adapter son action et sa réflexion aux conditions nouvelles créées par chaque phase du conflit. Durant les quatre derniers mois, alors que les délégués étaient en prison ou recherchés, des réunions de coordinations (locales, de wilayas, inter wilayas) ont pu se tenir sous la protection des villageois organisés en comités de vigilance et des jeunes massés autour des lieux de réunions, prêts à repousser toute incursion des forces de l’ordre. Dans le même temps, le pouvoir a poursuivi ses tentatives de division, entre autres en envoyant des émissaires pour pousser les détenus à accepter le dialogue en échange de leur libération, ou, par exemple, en accordant une indemnisation aux parents des victimes. Ces derniers ont donc rencontré les délégués pour décider de l’attitude à adopter ; le refus a été catégorique, leurs morts ne sont pas à vendre, ce que le frère d’une victime a exprimé en ces termes : «Si nos morts avaient voulu de l’argent, ils auraient attaqué des banques, pas des gendarmeries». Ils ont en outre dénoncé cette «tentative de charcutage» de la plate-forme d’El Kseur et refusé le morcellement des forces que constituerait la création d’une association des familles de victimes. Au-delà de ces réponses qu’ils doivent apporter aux problèmes nouveaux qui surgissent, les Kabyles paient très cher la désobéissance civile et leur rejet de plus en plus affirmé de toutes les institutions de l’État. Les coordinations n’ont pas franchi le pas de prendre en charge toute la vie sociale (le voudraient-elles, elles n’en ont pas pour l’instant les moyens) bien qu’il semble qu’en maints endroits la tajmat ait repris nombre de ses prérogatives d’autrefois. Le pouvoir a ainsi toute latitude pour entretenir le chaos, notamment dans les centres urbains, et encourager le saccage de l’environnement (sable, forêts) dans le but évident d’accentuer le climat d’insécurité préexistant.

Certains commentateurs parlent de lassitude et de découragement, voire d’impasse pour le mouvement des assemblées. Celui-ci, conformément à son engagement d’empêcher toute consultation électorale jusqu’à la satisfaction de la plate-forme d’El Kseur, vient de décider le rejet des élections locales (municipales et cantonales) prévues pour le 10 octobre. L’enjeu et les conséquences de ce rejet sont autrement plus importants que celui des élections législatives, les aarchs ne l’ignorent pas, comme en témoigne le texte préparatoire daté du 3 août de la commission réflexion de la coordination de Tizi-Ouzou :

«(…) Aujourd’hui, la lucidité impose à tous un effort et un sacrifice à la hauteur de tout ce qui a été consenti depuis l’indépendance et surtout lors de ces mois de douleur. Le changement tant attendu ne peut être que le fruit d’une démarche faite d’abnégation et de vigilance pour ne pas sombrer dans un défaitisme fatal. Entre le désir d’un changement radical qui passe par le rejet de cette échéance électorale et les appréhensions quant aux conséquences de cette action sur le vécu quotidien, le choix est vite fait. Il est impératif de ne pas lâcher la proie pour l’ombre et faire preuve de maturité politique en démontrant à l’opinion publique internationale que le peuple algérien peu assumer ses choix politiques et en consentir les sacrifices (…).
    Après le 10 octobre, la région va immanquablement vivre une crise institutionnelle qui va se caractériser par un vide qu’il va falloir absolument atténuer pour que la société n’en subisse pas les retombées de plein fouet.
    Pour ce, la nécessité d’une structuration plus approfondie de la société qui concernera les villages, les quartiers et les corporations deviendra impérieuse afin de pallier à une situation inédité qu’aura à vivre la région (…).»


Ce document conclut sur la nécessité de sauvegarder l’unité des rangs du «mouvement citoyen». Or cette unité, que les aarchs pensaient avoir acquise (surtout en contraignant le F.F.S. et le R.C.D., les deux partis implantés en Kabylie, à boycotter les élections législatives), le F.F.S. l’a fait voler en éclats en décidant début août de participer aux élections locales, sous certaines conditions. Parmi ces conditions figurait la libération des détenus, et Bouteflika, «agissant dans le cadre de ses prérogatives et dans le but de ramener le calme dans les cœurs et dans les esprits», a pris «des mesures de grâce au profit de toutes les personnes condamnées dans le cadre de manifestations portant atteintes à l’ordre public sur l’ensemble du territoire national» (communiqué de la présidence de la République du 4 août). Cette mascarade [5] n’a dupé personne, les aarchs ont aussitôt réaffirmé qu’ils n’avaient mandaté personne pour négocier l’élargissement des prisonniers, que ceux-ci ne devaient leur libération qu’à la mobilisation de la population, que le F.F.S. assumerait seul les conséquences de son deal avec le pouvoir, et la coordination de Béjaïa a d’ores et déjà averti que tout acte de candidature sera considéré comme une trahison.

Il est trop tôt pour savoir si le F.F.S. a obéi à une espèce d’instinct de conservation (il gère la majorité des mairies en Kabylie, et il n’a cessé d’être défait dans le bras de fer [6], parfois larvé, parfois ouvert, qui l’oppose depuis le début aux aarchs), ou s’il est déjà très avancé dans des négociations de «sortie de crise» avec un ou plusieurs clans du pouvoir. Il est en tous les cas peu assuré de sa position dans le rapport de forces, puisqu’il a habilement annoncé qu’il pourrait revenir à tout moment sur sa décision.

Quoi qu’il advienne, cet épisode aura montré crûment toutes les limites du choix «transpartisan» du mouvement des assemblées. Il y a là une certaine logique, puisque le but explicite est l’instauration d’un «État de droit» — et non sa destruction au profit de la gestion par tous des affaires communes — dans un pays qui n’a jamais réellement connu le multipartisme dont le cycle historique s’est depuis longtemps clos en Europe. Néanmoins, à travers l’épreuve de force entre les aarchs et le F.F.S. sur une option stratégique cruciale transparaît la profonde différence de nature entre les partis politiques, dont l’objectif est par définition la prise du pouvoir d’État, et un mouvement concentrant tous les intérêts révolutionnaires de la société. S’ils veulent refuser efficacement toute forme d’allégeance, préserver l’autonomie des coordinations et garantir la «primauté du délégué sur le militant partisan», les aarchs devront tôt ou tard exiger des délégués membres d’un parti qu’ils démissionnent soit de leur parti, soit de leur délégation au sein du mouvement.

Pour l’heure, il est peu probable que le spectre du chaos et de l’affrontement entre Kabyles fasse dévier les aarchs, même si c’est une arme de plus entre les mains du pouvoir pour tenter de faire naître une aile dialoguiste. Reste à savoir l’écho que peut rencontrer le rejet des élections locales dans le reste de l’Algérie. Autant les Algériens sont indifférents à leurs députés, autant ils haïssent les maires et les élus locaux dont ils subissent quotidiennement le mépris et les prévarications. Ce rejet ne peut être en lui-même le moyen de l’extension à d’autres régions de l’auto-­organisation expérimentée en Kabylie, mais il peut être un pas de plus vers le divorce définitif avec le système.

Pour conclure, l'Apologie pour l'insurrection algérienne  finit ainsi : «… pour l’instant les insurgés d’Algérie sont seuls, plus seuls que ne l’ont jamais été des révolutionnaires dans le passé». Ces lignes datent de septembre 2001. Rien n’a-t-il changé depuis ?

Non.

Paris, le 20 août 2002
Quelques amis français des aarchs

c/o Éditions de l’Encyclopédie des Nuisances
80, rue de Ménilmontant, 75020 Paris



Notes
1. Sur le mouvement culturel berbère, cf. Alain Mahé, Histoire de la Grande Kabylie, éd. Bouchène.
2. Algérie : l’insurrection du Mouvement des Assemblées, dit des «Aarouch», ARCAM, boîte postale 2349, 31020 Toulouse cedex 2.
3. Salem Chaker, un des idéologues du berbérisme et de l’autonomie de la Kabylie, notait en 1998 : «Il existe une liaison profonde et durable entre la mouvance culturelle berbère et le terrain d’origine (Kabylie). Mais on perçoit depuis quelques années une tendance à l’autonomisation de l’action culturelle émigrée par rapport au pays d’origine. La population visée est plus nettement la communauté immigrée elle-même. La pente de l’intégration est désormais plus sensible. L’engagement est plus culturel, moins politique et l’interlocuteur permanent des groupes associatifs sont les institutions françaises (Éducation nationale, ministère de la Culture, municipalités et régions). Beaucoup des agents culturels sont d’ailleurs de nationalité française et n’ont plus que des rapports lointains avec la Kabylie.» (Berbères aujourd’hui, éd. L’Harmattan).
4. Ferhat Mehenni jouit d’un certain prestige dans une frange de l’immigration alors qu’il est tenu en Kabylie, en dépit de son lointain passé respectable, pour un arriviste notoire. On ne lui a pas non plus pardonné son rôle dans la création du R.C.D. sur le dos du Mouvement Culturel Berbère et sa trahison lors de la «grève du cartable» de 94-95 (boycottage scolaire illimité décidé en août 1994).
5. La grâce présidentielle ne concerne en fait que la petite minorité des détenus déjà condamnés. Tous les autres, qui attendaient d’être jugés, n’ont pas bénéficié d’un non lieu, ils ont été mis en liberté provisoire par les juges d’instruction.
6. Le R.C.D. trop discrédité et ne disposant pas d’une base suffisante pour s’engager dans un tel bras de fer, n’a eu jusqu’ici d’autre solution que de se mettre en toute occasion à la remorque des aarchs.