Pendant la Révolution espagnole, alors que son père à rejoint la FAI, il bouille d'aller en découdre mais il est trop jeune. Lors de la seconde guerre mondiale, encouragé par son père, il rejoint les Forces françaises libres (FFL) dans la 2ème DB, tant par conviction antifasciste que par soif de combats. Il participe à la campagne d'Afrique du Nord, d'Italie et participe à la Libération en tant qu'agent de liaison au volant d'une jeep Willis. Il disait aussi avoir fait partie du détachement qui était arrivé en éclaireur à Berchtesgaden, le nid d'aigle d'Hitler. Il en avait ramené quelques "souvenirs", notamment des P38.  "Ca peut toujours servir". IL disait aussi avoir vu de grandes quantités de 'oeuvres d'art pillées par les nazis dans toute l'Europe et avoir pris une sacrée cuite avec de grands crus entreposés dans le Bunker.
En juin 1946, il est envoyé pour combattre en Indochine. Pendant le trajet, il essaie par différents subterfuges d'être débarqué. Si ma mémoire est bonne il est mis aux fers à Marseille pour désobeissance mais il est tout de même envoyé en Indonchine. Une fois sur place, il tente de venir en aide au Vietminh en organisant un trafic d’essence volée à l’armée française. Considéré comme un élément « démoralisant », il est réexpédié en France métropolitaine durant l’été 1946.
Il s’installe pour un temps à Paris et adhère à la CNT-AIT française renaissante suite à son congrés de constitution de Décembre 46 ainsi  qu'à la la Fédération anarchiste. Là il y fait la connaissance de Georges BRASSENS
Parti ensuite à Auxerre, dans l’Yonne, il travailla comme ajusteur-outilleur aux établissements Gardy, où il monta une importante section CNT. Les tensions qui divisent le mouvement anarchiste, l'immobilisme des "synthésistes" de la FA autour de Maurice Joyeux qui abandonnent la CNT-AIT pour FO après avoir bien participé à la couler, l'écoeurent. Il en gardera une certaine rancoeur tenace contre FO et une forme de défiance non moins teinté d'admiration pour les trotskystes Lambertistes (qui avaient mis la FA sous leur coupe) ... Homme d'action, il se sent plus proche de Georges FONTENIS, avec qui il se liera durablement.il restera militant de l’organisation anarchiste lorsque celle-ci se transforma en Fédération communiste libertaire (FCL).

En août 1954, il accepta, à la demande de la FCL, de déménager en Algérie pour renforcer son organisation-sœur outre-Méditerranée, le Mouvement libertaire nord-africain (MLNA).

Embauché comme ouvrier aux établissements Henri Hamel à Alger, Léandre milita alors avec les camarades du MLNA, notamment le docker Duteuil, Fernand Doukhan et Derbal Salah.

Le MLNA apportent d’abord leur soutien aux messalistes du Mouvement national algérien (MNA). Après l’insurrection de la Toussaint 1954, cela devait même devenir son activité centrale. Léandre Valéro sera notamment la « boîte aux lettres » du MNA, se chargera occasionnellement de véhiculer les dirigeants de l’organisation indépendantiste algérienne et distribuera les tracts du MNA destinés à la population algérienne. Non sans risques car outre la police et les fascistes français, le FLN menait une guerre sans merci contre les "messalistes" (le 23 mai 1955, Boudiaf, Ali Mahsas et Yacef Saadi avaient décidé de liquider les principaux dirigeants du MNA à commencer par Messali Hadj ...)

Les ventes du Libertaire à la criée se faisaient avec un revolver dans la poche, et Léandre lui-même eut, une fois, à essuyer des tirs lors d’une vente. Il aimait aussi raconter que la visière de sa casquette cachaient une lame de rasoir "au cas où il faudrait se défendre". il était fier de nous raconter que dans la Casbah, il pouvait continuer de griller ses cigarettes alors que le FLN avait donné l'ordre d'arrêter de fumer, sous peine de se faire couper le nez au coupe-choux.

En août 1955 il obtint un emploi de chef d’atelier à la station expérimentale d'élevage du Kroubs, dans le Constantinois. Là, il établit le contact avec un maquis du Front de libération nationale (FLN) et lui fit passer des vivres et des armes obtenues grâce aux relations qu’il avait conservées au sein de l’armée. Il laisse "filer" les ouvriers qui partent rejoindre le maquis les uns après les autres.

À l’été 1956, pour échapper à une mobilisation dans la Territoriale, il décida de rentrer en France clandestinement. Le MLNA, de plus en plus exposé, choisit alors de s’autodissoudre. Tout son stock de matériel et ses archives furent coulés dans la Méditerranée.

Après quelques mois de clandestinité avec d’autres militants de la FCL dans la région bourguignone, Léandre profita de l’amnistie de De Gaulle pour retourner à Auxerre en 1958, où il s’embaucha chez le carrosier firgoriste Fruehauf. Faute de CNT-AIT qui avait quasiment disparu à cette époque, Il y anima le puissant syndicat CGT et entra en 1960 au secrétariat de l’UD-CGT de l’Yonne.

Le syndicat CGT de Fruehauf fut en mai 1968 le premier à lancer la grève dans l’Yonne, ce qui devait faire de Léandre Valéro un des principaux animateurs du mouvement dans le département.

Après s'être misà son compte et pris la direction d'une entreprise d'ambulances, ainsi que la direction d'une salle de boxe, il prend sa retraite en 1983. Léandre, qui n’avait jamais cessé d’être anarchiste dans l'âme, avait adhéré à Alternative libertaire à sa fondation en 1991. Il y était resté jusqu’en 2000.

Il participa avec enthousiasme à la réactivation d'un groupe de la CNT à Auxerre en 1998, qui choisit de rejoindre l'AIT contre les Vignles. Sa maison hébergera les réunions du groupe, même si les différences de générations (près de 50 ans avec les plus "âgés" du groupe) pouvaient parfois amener à des incompréhensions réciproques.

Il meurt à Auxerre le 21 août 2011, après une vie digne d'un roman d'aventure.