Le M.L.N.A. proteste violement contre la dissolution arbitraire du MTLD., la détention non moins arbitraire de ses responsables et militants, envers qui il exprime sa solidarité, les procédés employés pour les faire « avouer », et réclame leur libération immédiate et le rapport du décret de dissolution, les atteintes à la liberté de la presse et d’expression, en Algérie et en France, par la saisie illégale des journaux, y compris celle du Libertaire, organe de la Fédération Communiste Libertaire, 145 Quai de Valmy, Paris Xe.

Et, à cette occasion, il manifeste sa solidarité envers cette dernière organisation, membre comme lui de l’internationale Communiste Libertaire, qui en liaison avec les peuples et les travailleurs coloniaux mène la lutte anti-colonialiste, et à lancé, en France, un appel solennel pour la constitution d’un « Comité de lutte contre la répression colonialiste ».

Le M.L.N.A. dénonce le caractère provocateur des mesures militaires et policières, et, en particulier de celles qui risquent de s’abattre sur la malheureuse population de l’Aurès, et grâce auxquelles, les éléments colonialistes les plus réactionnaires espèrent renouveler les massacres du Constantinois et raffermir leur surexploitation.

Le M.L.N.A. dénonce le caractère haineux, mensonger de la presse colonialiste aux ordres de la grosse colonisation et de la sauvegarde de ses privilèges.

La solution n’est pas dans le néo colonialisme économique et social du gouvernement Mendès France, au service de l’impérialisme français et de sa bourgeoisie.

Elle n’est pas dans le renforcement de « L’Ordre », préconisé et obtenu par la Fédération des Maires, agents de la grosse colonisation, grâce à une campagne de panique savamment orchestrée parmi l’opinion publique et à des menaces à l’égard des responsables qui ne sauraient pas faire respecter « l’Ordre ».

Elle n’est pas, non plus, dans celle du parti prétendu communiste aux ordres de l’impérialisme soviétique, avec sa trahison, comme à Genève, de la libération révolutionnaire des peuples et des travailleurs, par les marchandages entre gouvernements impérialistes.

Elle n’est pas non plus, dans la collaboration, comme en Tunisie, entre une bourgeoisie autochtone, trahissant l’émancipation révolutionnaire des travailleurs, et la bourgeoisie française.

La solution est, au-delà de la simple libération politique nationale dans la lutte de tous les exploités, en union étroite avec les travailleurs révolutionnaires de France, l’ennemi étant le même, contre tous les exploiteurs, à quelque race qu’ils appartiennent, vers la société sans classe et sans Etat, la société communiste libertaire.

Et dans l’ordre d’urgence, elle est dans les Comités de lutte contre la répression, que le M.L.N.A. appelle solennellement tous les anticolonialistes, révolutionnaires, syndicalistes, hommes de conscience libre à constituer d’urgence, s’ils ne veulent pas que la répression s’abatte sur eux également et sur l’idéal révolutionnaire qu’ils représentent.

Le Mouvement Libertaire Nord Africain.

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Source : CAOM/Alger/3F60, Courrier du commissaire divisionnaire au préfet, Alger, 3/12/1954.