Actualité de l'Anarchosyndicalisme

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TRAVAILLER PLUS ? POUR QUOI ? PRODUIRE ? COMMENT ?

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samedi 28 décembre 2019

LES LIMITES DES EXPERIENCES AUTOGESTIONNAIRES

(Dossier réalisé initialement en 2007)

1. Tower Colliery : l’écueil de l’autogestion capitaliste


En 1992, John Major poursuit la politique de fermeture des mines britanniques initiée par Thatcher : Le site gallois de Tower Colliery fait partie de la charrette. Les mineurs protestent, puis en 1994, 174 d’entre eux décident de racheter la mine avec leur prime de licenciement de 8.000 livres. Le 2 janvier 1995, le site est désormais exploité par une SARL de 240 mineurs-actionnaires. Chacun apportant la même somme. Entreprise récupérée et autogérée, Tower Colliery, dont l’aventure est racontée par Jean-Michel Carré [1], est un exemple révélateur des limites d’une expérience autogestionnaire enkystée dans une société capitaliste...

2. Pièges à éviter pour que l’autogestion ne fonce pas dans un mur

L’autogestion anarchiste doit permettre l’émancipation des travailleurs, c’est-à-dire leur libération à l’égard de contraintes et pressions sociales qui constituent des formes d’aliénation : soumission à l’autorité de dirigeants, nécessité de vendre sa force de travail pour subvenir à ses besoins, tyrannie du consumérisme, dégradation de notre cadre de vie à cause du productivisme et de la course folle à la croissance... Ces agressions ne se limitent pas au monde du travail, mais sont le produit et le fondement d’un système social découlant d’un mode de production capitaliste. Par conséquent, une entreprise autogérée ne peut représenter qu’une émancipation partielle car elle ne suffit pas à briser toutes les pressions, notamment celles qui relèvent de l’organisation politique....

Les Sociétés COopératives de Production (SCOP) : présentation, organisation, SCOP et autogestion



Mondragon : Quand l’autogestion flirte avec le capitalisme

Née en 1956, Mondragón Corporación Cooperativa est aujourd’hui un groupe d’environ 220 entreprises comptant plus de 80 000 salariés en 2006 1, mais la moitié seulement en coopérative et sociétaires du groupe. Mondragon, coopérative basque espagnole, illustre parfaitement les limites des expériences de gestion directe des entreprises dans un contexte capitaliste. Cet exemple est ambivalent : réussite spectaculaire pour une coopérative (7e entreprise industrielle de l’Espagne) ou dérive dangereuse vers un fonctionnement capitaliste ? ...

Quelques exemples d'entreprises récupérées en France ...


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lundi 16 décembre 2019

TRAVAILLER, POUR QUOI FAIRE ?

(Tract initialement diffusé en 2007 pendant le mouvement étudiant)

A celui qui vous dira qu’il s’est enrichi par le travail, demandez : « De qui ? »

LE TRAVAIL, C’EST LA SANTÉ (DES PATRONS)

L’aliénation par le travail, c’est le sentiment du travailleur de ne pas se reconnaître dans ce qu’il produit. De plus, le travail produit plus de valeur que le travailleur n’en retire en échange. En effet, Le commis de cuisine d’un quatre étoiles qui cuisine des plats qu’il n’aura jamais les moyens de se payer, l’ouvrier du bâtiment qui construit des villas qu’il ne pourra jamais habiter ou le travailleur à la chaîne qui assemble des pièces de voitures qu’il ne pourra jamais conduire sont tous des exemples vivants de l’aliénation par le travail, véritable cause du mal-être généralisé de notre société malade et obstacle à notre volonté d’émancipation. Et pourtant nos sociétés occidentales ne sont pas les plus mal loties.

LE TRAVAIL COMME IDENTITÉ

Le travail, du latin trepalium (torture visant à empaler la victime par trois fois) à pris le pas sur toute autre forme d’expression de notre humanité, la privant ainsi de sa liberté. En effet, Lorsque l’on demande au passant ce qu’il fait dans la vie, il répond banquier, assureur, chômeur, cadre, ouvrier, ingénieur et non père, mère, amant, amoureux, lecteur, musicien, poète. Le travail occupe, tout simplement, trop de place dans notre journée pour nous permettre d’avoir le temps de faire autre chose, car le pouvoir ne nous reconnaît d’autre valeur que celle de travailleur salarié et tire profit de notre soumission, alors que nous aspirons à faire valoir notre originalité.

LE TRAVAIL COMME NOUS L’ENTENDONS

Le travail, au lieu d’être la principale cause de nos maladies sociales (accidents du travail, suicides, dépressions nerveuses, harcèlements etc.) devrait être le meilleur moyen de marquer le monde du sceau de notre intériorité, comme l’enfant jetant la pierre à l’eau pour en admirer l’effet produit. Nous pensons que le travail doit être l’expression de notre créativité et de l’assouvissement de nos besoins fondamentaux et non pas l’instrument de domination ou d’enrichissement d’un tiers. En effet les ouvriers sont indispensables aux patrons mais pas le contraire. C’est pourquoi, afin de nous émanciper nous devons lutter pour l’abolition du salariat et du précariat, nous permettant ainsi de nous réaliser dans la dignité et le respect de l’humanité qui réside en chacun. Nous voulons être considérés comme des fins et non comme des moyens.

CE QUE NOUS VOULONS

Nous souhaitons, hormis l’abolition du salariat, l’organisation collective du travail, la propriété commune des moyens de production, mettre un terme au productivisme effréné, à la course à la croissance meurtrière et à la destruction des écosystèmes, en produisant moins et plus utile. Nous sommes opposés à la mise en concurrence des individus en fonction de leur "mérite" et nous voulons vivre en harmonie avec la nature, pas la détruire. Voilà notre vision du travail.

De chacun selon ses capacités, à chacun selon ses besoins.

Tract rédigé par le Comité de Lutte de la fac de Clignancourt

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LE SALARIAT ET SES CONSEQUENCES

(Première publication : août 2007, MàJ : décembre 2019)

"Usine à la campagne", "small is beautiful", "P.M.E. à visage humain", ¨start-up conviviale"..., durant les dernières décennies, les promoteurs du libéralisme nous affirmaient que le monde économique serait composé de petites unités décentralisées et conviviales. Mensonge et imposture, nous sommes en fait dans une étape historique qui est le contraire des discours lénifiants. Nous sommes entrés dans une période d’accélération des fusions, des rachats, des absorptions. Les mêmes promoteurs du libéralisme qualifient cela de globalisation nécessaire pour faire face à la compétition économique internationale.
Cette globalisation est largement entamée pour la construction et le transport aérien, l’industrie pharmaceutique, l’informatique, les produits bancaires... et demain, même chose pour l’automobile, les télécommunications etc... Le capitalisme est en train de constituer des conglomérats universels qui n’ont rien à envier aux anciens combinats des temps anciens du capitalisme sauvage ou d’État. La compétition va être féroce. Que pèseront les fournisseurs de travail, c’est-à-dire les salariés, c’est-à-dire nous ? Peu de chose, ou plus exactement un paramètre, une pesanteur, une contrainte financière froidement banalisée.

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