Actualité de l'Anarchosyndicalisme

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La gestion de crise comme normalité sociale

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samedi 11 janvier 2020

DU SENTIMENT DE NATURE DANS LES SOCIETES MODERNES (ÉLISÉE RECLUS)



           

Il se manifeste depuis quelque temps une véritable ferveur dans les sentiments d'amour qui rattachent les hommes d'art et de science à la nature. Les voyageurs se répandent en essaims dans toutes les contrées d'un accès facile, remarquables par la beauté de leurs sites ou le charme de leur climat. Des légions de peintres, de dessinateurs, de photographes, parcourent le monde des bords du Yang-Tse Kiang à ceux du fleuve des Amazones ; ils étudient la terre, la mer, les forêts sous leurs aspects les plus variés ; ils nous révèlent toutes les magnificences de la planète que nous habitons, et grâce à leur fréquentation de plus en plus intime avec la nature, grâce aux oeuvres d'art rapportées de ces innombrables voyages, tous les hommes cultivés peuvent maintenant se rendre compte des traits et de la physionomie des diverses contrées du globe. Moins nombreux que les artistes, mais plus utiles encore dans leur travail d'exploration, les savants se sont aussi faits nomades, et la terre entière leur sert de cabinet d'étude : c'est en voyageant des Andes à l'Altaï que Humboldt a composé ses admirables Tableaux de la nature, dédiées, comme il le dit lui-même, à "ceux qui, par amour de la liberté, ont pu s'arracher aux vagues tempétueuses de la vie". La foule des artistes, des savants et de tous ceux qui, sans prétendre à l'art ni à la science, veulent simplement se restaurer dans la libre nature, se dirige surtout vers les régions de montagnes. Chaque année, dès que la saison permet aux voyageurs de visiter les hautes vallées et de s'aventurer sur les pics, des milliers et des milliers d'habitants des plaines accourent vers les parties des Pyrénées et des Alpes les plus célèbres par leur beauté ; la plupart viennent, il est vrai, pour obéir à la mode, par désoeuvrement ou par vanité, mais les initiateurs du mouvement sont ceux qu'attire l'amour des montagnes elles-mêmes, et pour qui l'escalade des rochers est une véritable volupté. La vue des hautes cimes exerce sur un grand nombre d'hommes une sorte de fascination ; c'est par un instinct physique, et souvent sans mélange de réflexion, qu'ils se sentent portés vers les monts pour en gravir les escarpements. Par la majesté de leur forme et la hardiesse de leur profil dessiné en plein ciel, par la ceinture de nuées qui s'enroule à leurs flancs, par les variations incessantes de l'ombre et de la lumière qui se produisent dans les ravins et sur les contreforts, les montagnes deviennent pour ainsi dire des êtres doués de vie, et c'est afin de surprendre le secret de leur existence qu'on cherche à les conquérir. En outre on se sent attiré vers elles par le contraste qu'offre la beauté virginale de leurs pentes incultes avec la monotonie des plaines cultivées et souvent enlaidies par le travail de l'homme. Et puis les monts ne comprennent-ils pas, dans un petit espace, un résumé de toutes les splendeurs de la terre ? Les climats et les zones de végétation s'étagent sur leur pourtour : on peut y embrasser d'un seul regard les cultures, les forêts, les prairies, les rochers, les glaces, les neiges, et chaque soir la lumière mourante du soleil donne aux sommets un merveilleux aspect de transparence, comme si l'énorme masse n'était qu'une légère draperie rose flottant dans les cieux.

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mardi 24 septembre 2019

21 septembre 2001, TOULOUSE, AZF: UNE JOURNEE SOUS LA TERREUR

Alors que le PDG de Total vient d'annoncer depuis New York, en plein sommet sur la crise climatique, des profits colossaux de 11,4 MILLIARDS d'euros (contre 8,6 l'an passé) et une augmentation annuelle des dividendes aux actionnaires de 5% (contre 3% habituellement),

Alors que Grande paroisse, filiale de total (donc TOTAL ) a été condamné par la Cours d'appel de Paris du 30 octobre 2017 pour production de produits incompatibles sur le même site, violation de l arrêté préfectoral, abus de sous traitante etc etc MAIS condamnation pas effectuée car TOTAL s'est pourvu en cassation et que l'examen du dossier est en cours (c'est comme pour Balkani : ça prend plus de temps que pour juger une Gilet Jaune ou un voleur de sandwich),

il nous semble important de rappeler ce qui s'est passé il y 18 ans, le 21 septembre 2001 à Toulouse : AZF, le plus grave accident industriel de France ...

TOTAL MISE SUR L'OUBLI ET LA CONFUSION. RESTONS VIGILANTS.  AFFAIRE À SUIVRE

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21 septembre 2001, TOULOUSE, AZF: UNE JOURNEE SOUS LA TERREUR


10 heures 15. Castanet Tolosan (5 km de l’usine AZF). Je suis au boulot, en réunion avec trois collègues dans un bureau. Soudain, tout se met à trembler, les portes claquent, des vitres pètent. On entend un grondement sourd, qui s’amplifie. Tout le monde se regarde sans un mot. Je fonce à l’extérieur du bâtiment. Le grondement vient de Toulouse. Il finit par s’arrêter. Beaucoup de collègues sont dehors, tous regardent vers Toulouse.

Je pense à un attentat et à l’ONIA en même temps. Un copain allume la radio dans sa voiture. On se regroupe autour pour écouter. Rien… Je regarde en direction de la colline qui nous protège de l’ONIA, on ne voit rien, pas de fumée, pas de flamme. Puis les premières nouvelles tombent sur France Info : "trois ou quatre explosions sur Toulouse - Explosions à la FNAC et l’ONIA. Panique à Tou-louse, le centre ville touché ...". Je retourne au bureau, j’essaie de téléphoner. Rien, ça ne passe pas. Je ressors du bâtiment car j’ai la trouille qu’il s’écroule. Un collègue me lance : "C’est AZF, La Grande Paroisse qui a sauté. Il y a un nuage toxique sur Toulouse et le Mirail". La radio dit tout et n’importe quoi, je n’y comprends plus rien. Attentat ? Accident ? Personne ne parle de la SNPE qui est une poudrière et un lieu de stockage de gaz mortel. Je regarde le vent. J’ai du bol, ça souffle vers Toulouse. Je pense à ma gosse, aux copains du Mirail, à tous ces gens dans la ville. Je veux en avoir le cœur net.

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