Actualité de l'Anarchosyndicalisme

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mercredi 29 janvier 2020

LE VOILE, UN INSTRUMENT DE DOMINATION MASCULINE ET D'EXCLUSION DES FEMMES (Tahar HADDAD)

Le voile, un instrument de domination masculine et d’exclusion des femmes

Si le port du voile est de rigueur dans les villes et certains villages, la femme reste pourtant libre de cette entrave dans les sociétés rurales ; ce qui porte à croire que c’était donc dicté par un sentiment égoïste caché sous un argument religieux, puisque ce rigorisme fait place parfois à une tolérance et même à un certain relâchement lorsqu’il s’agit de problèmes dont nous la discussions sans passion.

Il suffit pour cela de remarquer notre attitude vis-à-vis de l’adultère, elle est aussi indulgente, voire sympathique envers l’homme que sévère, dure même envers la femme. L’homme voit avec répugnance et révolte que des parentes à lui aient des relations sentimentales avec autrui, alors qu’il se permet lui-même d’en avoir avec les femmes et les filles des autres. Voilà dans quelles limites nous abhorrons l’adultère et nous défendons avec acharnement fanatique le port du voile. Seulement nous les hommes, nous n’avons pas l’habitude de nous considérer, de nous juger avec cette franchise brutale pour reconnaître la vérité.

L’un des inconvénients du voile c’est d’être avant tout une séparation entre l’homme et la femme qui les empêche de mieux se connaître en vue du mariage pour mieux connaître leurs penchants, leurs goûts, leur caractère et fonder un foyer heureux. Mais ils sont hélas obligés de se contenter de l’opinion des parents qui agissent le plus souvent contre leurs intérêts et leur convenance, c’est pourquoi le succès du mariage reste subordonné à la chance, au hasard. Nous ne voudrions pas nous étendre sur les cas où il est question de supercheries et de tromperies graves en ce qui concerne l’identité même de la fiancée ; le fiancé dupé, souvent sans famille, n’intente pas un procès pour faux.

Ces incidents, bien que fréquents, avaient rendu les jeunes gens sceptiques, soupçonneux et méfiants. Certains même ont préféré se marier avec une européenne puisqu’ils peuvent faire la connaissance de leur future [épouse] bien que cette fréquentation ne soit pas un moyen sûr d’écarter tous les risques s’insuccès. Néanmoins cette relation préparatoire au mariage ne laisse pas l’avenir uniquement livré aux caprices du hasard et peut en outre créer chez les futurs conjoints une certaine confiance que l’on ne peut éprouver avec nos coutumes.

L’usage du voile a conduit l’Homme à mener une vie quasi secrète et à l’insu des femmes. Dans les cafés, les restaurants, les lieux de spectacles et de jeu, on fait de folles dépenses, alors que souvent à la maison, la femme, les enfants sont privés du nécessaire. Le chef de famille ne leur laisse pour vivre qu’une somme limitée et garde le reste pour l’autre vie qu’il mène à l’extérieur.

Ce qui, sans doute, enhardit l’homme à se prélasser égoïstement dans cette vie large, c’est la situation privilégiée qui lui laisse la condition actuelle de la femme captive, voilée, incapable d’avoir une vue des lieux où s’agitent les pères de famille, où ils glissent vers la débauche, la ruine et la maladie. L’effet de ce comportement de l’homme sur l’esprit de la femme et sur sa conduite n’st pas à démontrer.

Par son droit irréfutable de gérer sa propre fortune, la femme doit jouer un rôle, avoir des activités dans la vie juridique, économique et sociale qu’elle ne peut exercer réellement qu’en connaissance de ses partenaires. C’est ainsi que le port du voile est devenu un véritable handicap dans ce domaine ; d’où une situation bizarre qui facilite des opérations trompeuses et des escroqueries dont elle est victime.

Le prétexte du port du voile la conduit finalement a être écartée complètement de la gestion de sa propre fortune, elle fut condamnée injustement à confier ses intérêts à autrui, à un mandataire de sexe masculin ; nombreux sont les exemples de fortunes impunément dilapidées, car la victime ne sait comment se prendre dans les rouages de la justice.

Les conséquences de l’isolement sur les plans psychiques et moral, les cas de perversité sexuelle sont très répandus sous des aspects différents que les juristes musulmans ont cités et sur lesquels ils ont exprimé leur opinion.

(…) Il ne reste qu’à aller au fond du problème pour trouver des données d’une action constructive, qui lui dispense l’éducation, l’instruction et ses droits dans le domaine juridique.

Il serait inutile d’expliquer les arguments de ceux qui s’attachent à la conservation du voile par souci de protéger les bonnes mœurs. Il faut reconnaître plutôt que la situation exige de nous la sincérité du langage et de l’action. Car il ne s’agit point d’afficher notre personnalité devant le public qui a le droit d’être éclairé et non d’être berné par des paroles.

Pour ma part, je n’éprouve aucune tendance à croire que la solution du problème pourrait se trouver dans la défense du voile, car le voile est aujourd’hui accusé par des arguments si puissants que nul système de défense ne peut infirmer. Il faut reconnaître plutôt que le plus urgent c’est d’unir nos efforts afin de constituer pour la femme un système d’éducation et un programme d’enseignement qui lui assurent une évolution réelle, au lieu de perdre un temps précieux dans des débats stériles.

Tahar HADDAD, « Notre femme, dans la Charia et la société », Tunis, 1930

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Si tu veux être heureux, fout ’bon Dieu dans la merde ! (La chanson du Père Duchesne 1892)

La Chanson du Père Duchesne apparaît comme un anonyme en 1892. Ravachol la chantait en montant sur la guillotine le 11 juillet 1892 dans la prison de Montbrison. L'exécution interrompit Ravachol à la fin de l'avant-dernier couplet : "fout l'bon dieu dans l a merde !"

On y retrouve, à travers la référence au Père Duchesne et à Marat, les revendications sociales des Enragés et des Bras-nus de la Première Révolution Française. Les travailleurs qui se dressent contre la société de classes y désignent encore leurs ennemis, voués à la lanterne, sous les seules figures traditionnelles du propriétaire et du prêtre.

Le Père Duchesne


1892


Né en nonante-deux. 

Nom de Dieu !

Mon nom est Pèr’ Duchesne. 

Marat fut un soyeux, 

Nom de Dieu !

A qui lui porte haine, 

Sang-Dieu !

Je veux parler sans gêne 

Nom de Dieu !

Je veux parler sans gêne !



Coquins, flioux, peureux 

Nom de Dieu !

Vous m’appelez canaille. 

Dès que j’ouvre les yeux ! 

Nom de Dieu !

Jusqu’au soir je travaille. 

Nom de Dieu !

Et je couch’ sur la paille 

Nom de Dieu !

Et je couch’ sur la paille !

 

On nous promet les cieux. 

Nom de Dieu !

Pour toute récompense. 

Tandis que ces messieurs. 

Nom de Dieu !

S’arrondissent la panse, 

Sang-Dieu !

Nous crevons d’abstinence 

Nom de Dieu !

Nous crevons d’abstinence ! 


Pour mériter les cieux, 

Nom de Dieu !

Voyez-vous ces bougresses. 

Au curé le moins vieux. 

Nom de Dieu !

S’en aller à confesse 

Nom de Dieu !

Se faire peloter les fesses,

Nom de Dieu !

Se faire peloter les fesses ! 


Quand ils t’appellent gueux, 

Nom de Dieu ! 

Sus à leur équipage !


Un pied sur le moyeu. 

Nom de Dieu !

Pour venger cet outrage, 

Sang-Dieu !

Crache-leur au visage. 

Nom de Dieu !

Crache-leur au visage !

 

Si tu veux être heureux. 

Nom de Dieu !

Pends ton propriétaire, 

Coup’ les curés en deux, 

Nom de Dieu !

Fouts les églises par terre, 

Sang-Dieu !

Et l’bon Dieu dans la merde,

Nom de Dieu !

Et l’bon Dieu dans la merde ! 


Peuple trop oublieux. 

Nom de Dieu !

Si jamais tu te lèves. 

Ne sois pas généreux, 

Nom de Dieu !

Patrons, bourgeois et prêtres, 

Sang-Dieu !

Méritent la lanterne, 

Nom de Dieu !

Méritent la lanterne 

mercredi 27 novembre 2019

LES ANARCHISTES ET L’EDUCATION SOUS JULES FERRY (1880-1914)

Les années qui vont du vote des lois de Jules Ferry à la Grande Guerre de 1914 furent incontestablement celles où le mouvement anarchiste, en France, connut sa période la plus florissante, et où son influence et son importance sur la scène politique furent les plus importantes. Certes, en France et ailleurs, les anarchistes se sont toujours préoccupé du problème de l’éducation, qu’ils placent au cœur de la question sociale. Mais plus encore qu’à d’autres moments, le thème de l’enfant, de l’école, de l’instruction est alors abordé d’une manière récurrente tant dans les journaux que dans les livres édités par le mouvement libertaire.

La critique de la laïcité républicaine

Les préoccupations des "compagnons", comme on les nommait alors, s’inscrivaient indiscutablement dans le débat qui, tout au long du XlXe siècle, avait l’enfant et l’école pour enjeu ; courant qui animait, en vérité, toutes les forces politiques progressistes ou "rétrogrades" du moment. L’école que Jules Ferry et ses collaborateurs avaient mise en place, était pour les libertaires condamnable à plusieurs égards. Pour eux, le système scolaire républicain ne prenait pas en compte les besoins de l’enfant, ne cherchait pas à développer sa personnalité, mais au contraire tendait à l’uniformité des individus et préparait à l’inégalité sociale.

Ce système absurde, qui farcit les cerveaux de préjugés et truffe les consciences de devoirs est inacceptable pour des générations vivant au siècle de la vapeur et de l’électricité, écrira ainsi le militant pédagogue Sébastien Faure(1). Mais le discours anarchiste ne participait pas uniquement de la critique de l’école officielle, bien au contraire. Depuis les origines, l’anarchisme avait affirmé des conceptions éducatives particulières, et il s’agissait également de les mettre en avant et de les faire connaître. Aucun des théoriciens de l’anarchisme en effet (Stirner, Proudhon, Bakounine) n’avait oublié d’accorder une place de tout premier plan à l’éducation, jugée indispensable à la réalisation d’une société nouvelle ; place que les compagnons reprenaient à leur compte dans leur propagande. Le maître mot en est la liberté. La liberté par l’enseignement sera d’ailleurs le titre d’une des premières brochures éditées par un groupe de compagnons (et cosignée par Louise Michel, Élisée Reclus, Léon Tolstoï) en 1898.

Liberté la plus grande possible laissée à l’enfant, par opposition au "carcan" proposé par le système institutionnel. Par conséquent, l’adulte n’est plus un maître mais un guide, qui aiguille le jeune afin de le faire profiter au mieux de cette toute nouvelle liberté. Car l’enfant qui est considéré comme un individu à part entière, dispose selon les compagnons dès le départ d’aptitudes très riches. " Laissez les enfants libres, écrit le hollandais Domela Nieuwenhuis, car l’enfant apprend à penser à comparer, à juger par lui-même." (2)

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vendredi 8 novembre 2019

L’islamophobie, une invention du colonialisme français

Récemment est paru sur Médiapart une interview d’Olivier le Cour Grandmaison (1) sur l’origine coloniale de “l’islamophobie” française. Il y évoque Maurice Delafosse comme un des premiers propagateurs du terme pour dénoncer la politique coloniale française. Ce qu’il ne dit pas dans l’interview, c’est que le terme a été forgé par un cadre supérieur du ministère des colonies, Alain Quellien. Et que celui-ci considérait que l’Islam était la religion parfaite pour soumettre les colonisés. Or, Grandmaison fait bien mention de Quellien dans son livre. Quel intérêt de cacher Quellien et sa pensée dans une interview qui connaît une large diffusion sur les réseaux sociaux ?

Afin de réparer cette “omission”, voici un article intitulé "L’islamophobie, une invention du colonialisme français" que nous avions écrit en 2016 sur cette question et qui est toujours d'actualité.

A l’heure où tous les musulmans sont assimilés à la frange radicale de l’islam par tous les crétins qui glosent sur la question (pro ou anti islam), et où toute critique de l’islamisme est automatiquement assimilée à du racisme (nos amis de l'excellent site socialisme libertaire en ont fait récemment les frais); un peu de hauteur historique et de clarté est indispensable.

Nous n’iront pas les chercher chez Grandmaison.

 الملحد العربي

(arabe athée)

(1) Rappelons pour mieux connaître le personnage que celui-ci a été parmi les soutiens de Sud Education 93 quand ceux-ci ont lancés leurs formations syndicales dont la participation est conditionnée par la couleur de peau...

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jeudi 18 avril 2019

BLASPHEMES !

une petite collection de phrase anti-sectes et anti-mythes, de toutes les époques, de toutes les origines.

En français, vietnamien [1] et anglais.

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